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Une pièce fascinante composée de six soli comme autant de "chorégraphies pour taureaux". Un thème classique du flamenco qui sonne comme un défi supplémentaire pour cet avant-gardiste, créateur de mouvements inhabituels, dont on imagine le soin qu'il va prendre à élargir le domaine de la danse, tout autant que celui de la tauromachie, en dissolvant la dialectique taurine-antitaurine comme il percute la tradition chorégraphique.
C'est d'un geste de la main sec et précis, pieds nus, pantalon coupé audessous du genou, qu'Israel Galván attaque son premier solo, Bailador (nom du taureau qui tua Joselito El Gallo en 1920).
Puis le talon s'anime et avec lui le corps entier vient à la vie dans une économie de mouvement qui lui est propre. Une image qui n'est pas sans réveiller le souvenir de Nijinski-le-faune avec qui il partage la même fascination tellurique pour la mort, la valeur, le danger, la douceur et la couleur.
Autant de thèmes qui traversent les cinq autres tableaux de la pièce : Granaido, référence au taureau qui ôta la vie à Ignacio Sanchez Mejias en 1934 ; Pocapena, qui tua Manuel Granero en 1922 ; Burlero, consacré à l'espace de l'arène ; Playero, dédié au silence et à la respiration et Cantinero, chant du cygne interprété sur un paso-doble.
Entouré, comme dans une tragédie antique, de chanteurs - Miguel Poveda, Diego Amador, Diego Carrasco - et de musiciens - l'Orchestre des Jeunes d'Andalousie, le Quadro Flamenco, La Fanfare Los Sones, c'est en danseur qu'Israel Galván descend dans l'arène et ses cercles concentriques.